Ce que j’aurais aimé savoir avant de choisir ma voie après le BAC

Choisir sa voie après le BAC

Il y a des choses qu’on ne vous dit pas franchement au lycée. Pas par mauvaise intention, mais parce que le système d’orientation fonctionne souvent avec des certitudes non dites, des hiérarchies implicites, et peu de place pour les questions vraiment utiles.

Aujourd’hui, avec le recul, j’aurais aimé avoir accès à une lecture plus honnête des options qui s’offraient à moi. Pas un discours rassurant. Pas une plaquette. Une vraie conversation.

C’est ce que j’essaie de vous proposer ici.

La hiérarchie des filières, on en parle ?

Quand j’étais au lycée, les choses étaient claires dans l’esprit de tout le monde, élèves comme professeurs. Il y avait la Terminale S, scientifique, prestigieuse, rigoureuse. Puis la ES, économique et sociale. Puis la L, littéraire, souvent présentée comme un choix par défaut. Et encore en dessous, dans un autre monde presque, la filière professionnelle.

Cette hiérarchie n’était jamais écrite nulle part. Elle n’avait pas besoin de l’être. Elle se transmettait dans les couloirs, dans les conseils de classe, dans les sous-entendus des fiches d’orientation.

Une thèse de doctorat préparée à l’Institut de Recherche sur l’Éducation (IREDU), s’appuyant sur un échantillon de 15 000 lycéens ayant obtenu leur baccalauréat général en 2022, s’est précisément intéressée à la question de savoir si le nouveau baccalauréat permettait une moindre hiérarchisation des filières et de moindres inégalités sociales d’orientation. La question elle-même dit beaucoup : on cherche encore à mesurer si on a réussi à déconstruire quelque chose qui n’aurait jamais dû exister.

Depuis la réforme du lycée de 2019, les anciennes filières S, ES et L ont été supprimées au profit d’un système de spécialités à la carte. Mais les mentalités, elles, évoluent plus lentement que les textes officiels.

Ce que je veux dire, c’est simple : la valeur d’un parcours ne se mesure pas à son prestige apparent. Elle se mesure à ce qu’il vous permet de construire, concrètement, dans la vie qui suit.

Ce que les études classiques ne vous montrent pas

Pendant longtemps, l’idée dominante était celle-ci : plus vous restez longtemps dans un cursus théorique et reconnu, plus vous avez de valeur sur le marché du travail. Le diplôme comme sésame. La durée des études comme signal de sérieux.

La réalité que j’ai découverte en entreprise est différente.

Les recruteurs n’évaluent pas uniquement un niveau de diplôme. Ils évaluent une capacité à faire. À s’adapter. À comprendre rapidement un contexte, à travailler avec des gens différents de soi, à produire quelque chose d’utile dans un délai réel. Ces compétences-là ne s’acquièrent pas dans un amphithéâtre.

Ce n’est pas un reproche au cursus classique. C’est une réalité qu’on aurait dû me présenter plus tôt, sans biais, pour que je puisse choisir en connaissance de cause.

Ce que l’alternance vous donne que le reste ne peut pas

L’alternance, ce n’est pas étudier moins. C’est étudier autrement, et en parallèle, tester ce que vous apprenez dans un environnement où les enjeux sont réels.

Vous apprenez un concept en cours le lundi. Le mercredi, vous l’appliquez dans une réunion, avec un client, dans un fichier que votre responsable va utiliser. Ce va-et-vient entre la théorie et la pratique crée quelque chose que les études classiques produisent rarement : une compréhension incarnée des choses.

La finalité première de la formation en alternance est l’apprentissage et l’acquisition de compétences. La production est un moyen pour y parvenir, pas une fin en soi. C’est une nuance importante, et trop souvent oubliée.

Vous n’êtes pas là pour être une main-d’oeuvre bon marché. Vous êtes là pour apprendre dans le réel. Et c’est précisément pour cette raison que le choix de votre entreprise d’accueil est une décision aussi importante que le choix de votre formation.

Choisir n’importe quelle entreprise, c’est se priver de l’essentiel.

C’est l’erreur que je vois le plus souvent. Des candidats tellement soulagés d’avoir trouvé un contrat qu’ils n’ont pas pris le temps de vérifier si l’entreprise leur permettrait vraiment d’apprendre.

Les meilleures entreprises en alternance cherchent à proposer à leurs apprentis des situations de travail dites emblématiques, représentatives de l’activité à maîtriser, sécurisées, et stimulantes, qui mobilisent l’apprenant et le challengent. Ce profil d’entreprise n’est pas universel. Il se repère, il se cherche, il se mérite aussi.

Avant de signer, assurez-vous que les missions réelles correspondent à ce que stipule la fiche de poste, et que les valeurs de l’entreprise sont compatibles avec les vôtres. Vous allez passer au minimum un an dans cet environnement. Il doit vous nourrir professionnellement, pas juste vous occuper.

Quelques questions à poser en entretien avant d’accepter un contrat :

  • Qui sera mon maître d’apprentissage, et quelle est sa disponibilité réelle ?
  • Quelles missions concètes vais-je porter, pas juste observer ?
  • Est-ce que l’entreprise a déjà accueilli des alternants ? Comment ça s’est passé ?
  • Y a-t-il des projets sur lesquels je pourrais monter en responsabilité progressivement ?
un jeune homme passe son entretien de recrutement dans une entreprise.

Votre profil, c’est votre levier de négociation

Il y a une règle simple que j’aurais voulu comprendre beaucoup plus tôt : plus votre candidature se différencie positivement, plus vous avez de marge pour choisir l’entreprise qui vous correspond vraiment, plutôt que d’accepter la première qui veut bien de vous.

Ça commence par soigner votre CV, votre lettre, votre présence en ligne si elle est pertinente. Mais ça va plus loin : c’est la façon dont vous vous présentez en entretien, la connaissance que vous avez du secteur, la curiosité que vous montrez pour les vrais enjeux du poste.

Sélectionner les entreprises en fonction de vos attentes, de vos ambitions et de vos valeurs est votre premier réflexe à avoir. Ce n’est pas parce que votre CV est encore peu fourni que vous devez vous sentir obligé de travailler pour un employeur qui ne vous convient pas. Je vous recommande par ailleurs cet article d’Engagement Jeunes pour en apprendre davantage.

L’alternance est un contrat bilatéral et tripartite (on oublie pas les OPCOs qui financent votre formation). L’entreprise vous évalue, c’est évident. Mais vous aussi, vous évaluez l’entreprise. Gardez cet équilibre en tête dès le départ.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise

Pas que l’alternance était la seule bonne voie. Pas que les études longues ne servaient à rien. Juste qu’il existait plusieurs chemins valables vers une vie professionnelle épanouissante, et que la hiérarchie scolaire que j’avais intégrée n’était pas une vérité objective, mais un biais culturel qu’il était possible de questionner.

J’aurais voulu qu’on me présente chaque option avec ses vraies forces et ses vraies limites. Sans condescendance vers les filières professionnelles. Sans déférence automatique vers les cursus prestigieux.

Si vous êtes en train de lire cet article avant de faire vos choix, c’est déjà une excellente chose. La meilleure décision d’orientation est toujours celle que vous prenez avec les bonnes informations, pas celle qu’on a prise à votre place.

Aujourd’hui je suis intimement convaincu par la pertinence qu’offre notamment la formation en alternance, et la recommande chaudement à tout ceux qui désirent développer des compétences transversales sur le terrain et ressortir avec l’expérience demandée par le marché du travail en sortie d’études.

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